Episode 16 # Esta la revolucionne autour des oua-ouas

Z’avez vu? je parle hyyyyyper bien espagnol. C’est parce que le dernier quizz facebook que j’ai fait m’a dit « Quel personnage historique êtes vous? » « Vous êtes Che Guevara ». Alors si Facebook le dit.. me voici révolutionnaire et parlant espagnol.

Révolutionnaire. On peut le dire. On se prépare à l’ultime switch, LE changement majeur.

Les oua-ouas, les ptits coins, les chiottes, le trône, les toilettes…
Les waters vont-ils mal porter leur nom dans Ker biloute? On se tâte, on se tâte. On se tâte à installer des toilettes sèches. Oui, oui vous lisez bien avec vos ptits yeux écarquillés. Des toilettes sans eau.

Enfin surtout Jules se tâte. Enfin JE le travaille au corps et IL se tâte.
Moi j’ai testé, (j’étais obligée, j’étais dans une cabane en haut d’un arbre avec pas d’autre endroit pour faire pipi… sinon, jamais de la vie j’aurais approché une toilette sèche!!!) et j’ai beau chercher LE truc qui déconne, y’en a pas. Han. La révélation. Assise sur la « chose », des voix divines me parlaient (vous savez, dans un rai de lumière avec des ptites lumières scintillantes) : « c’est le Dieu des ouaouas qui te parle!! Ose dire que c’est pas génial? »
Et…rien à dire, ça sent bon, ça fait chaud aux fesses (bin oui c’est plus sympa de poser son gracieux popotin sur du bois que sur du plastique! En plus, ça fait pas mal quand on doit s’en décoller le derrière des cuisses…parce qu’on a lu Entrevue,  Gala, le magazine des Castors de l’Ouest en intégralité), adieu les litres de flotte inutiles et les traces de pneu et divers poils à nettoyer (venez vivre avec 3 gars et on en reparle de la soi disant propreté des toilettes à eau).
Pis en plus, comme y’a de la sciure, vous échappez au « plouf » sonore et peu glam’, ça amortit la chute. Tous les 10 jours, on va vider la benne sur le tas à compost, et pis c’est tout.

Voilà c’est ça, les toilettes sèches, c’est GLAM. (ils communiquent pas sur les bons arguments les vendeurs :D)

Du coup, j’ai lu ce Monsieur, aussi, beaucoup. Qui a achevé de me convaincre.

Nan, mais, regardez comme c’est beau et que ça donne envie :


Sauf que.
My God.
On va nous prendre pour des écolos! Aaaaaaaaaaah! C’est le point de non- retour. 

Voilà, voilà…. C’est notre faute aussi.
On fait des enfants, on se met à réfléchir à ce qu’on fait, aux conséquences de nos actes, à leur cohérence, et cette réflexion ne peut qu’aboutir à réduire son empreinte sur la planète, pour pas leur laisser une poubelle. Parce qu’expliquez moi la logique : on fait des enfants et on leur scie la branche sur laquelle on les assoit.
Et avec tout ça, on finit par envisager de faire des toilettes sèches dans sa maison, au risque de se faire regarder comme un néo-hippie. Mes copines regarderont mes pieds, à la recherche de chaussettes dans les sandales ou de birkenstock. Ou ma tête, pas bruschée pas maquillée, panoplie roots- return oblige.

Et… bon, sérieusement, j’ai un peu de mal avec tout ça. Avec ce terme précis. On devrait en inventer un autre!

L’écologie c’est tellement un mot qui regroupe tout et rien, que ça n’a plus aucune signification.
Cad, l’écologie, ça devrait être comme se brosser les dents, fermer sa porte à clé (rum), éteindre la lumière quand on part, être gentil, ne pas tuer des gens, être citoyen, ne pas donner des coups de pied aux feignasses de chat qui était dans le passage, aussi, merde, savoir vivre en communauté, dire bonjour à la dame, ne pas crever les pneus du voisin, faire des enfants, les emmener chez Mickey et les nourrir de jambon- purée (et ne pas les laisser se faire de coupe tecktonik, pitié). Enfin ça devrait rentrer dans une éthique de l’être humain, quoi.

Moi je me sens pas « écolo » avec ce que ça véhicule aujourd’hui. Ca devrait pas être un parti politique « être écolo », ça devrait pas être une mode, ni une récup’ marketing, ni une revendication (d’ailleurs pourquoi toujours « revendiquer » genre la vie est une longue lutte de tous les instants, pourquoi ne pas être, vivre, tout simplement?). Ca devrait se transmettre de génération en génération, comme la politesse ou le respect d’autrui et de soi. Une façon d’être un adulte responsable.

Mais pas un combat, scrogneugneu. Je suis pas militante. Je suis militante de rien. Na.
Pas de discours culpabilisant, pas de provoc’, pas d’extrémisme. Réfléchir, expérimenter, partager le fruit de ses réflexions, confronter, et montrer par l’exemple. Y’a jamais une réflexion plus puissante que celle qui nous est venue toute seule, sans qu’on nous bourre le mou ou qu’on nous agresse d’idées toutes faites… (genre une révélation sur des toilettes sèches, dans une cabane perchée lors d’une nuit de noces.. non seulement c’est glam mais c’est romantique!!)

Alors attention hein, ouhlà, hophophop, je dis pas qu’il faut rien faire!
Effectivement, si on part du principe que le politique aussi est un adulte responsable (ahahahahahaah), on va pas loin… Mais bon honnêtement, si les changements venaient du haut, ça se saurait. C’est à nous tous seuls de changer notre monde et nos façons de faire, comme des grands. Mais nous, tous seuls. Voyez, un truc qui ressemblerait à la liberté individuelle… chacun se prend par la main et se met face à ses contradictions. Sans qu’on lui dise quoi penser.

Enfin voilà quoi, je dis juste que les bougeages de mentalité, ça se fait tranquillement, lentement, par l’éducation et la réflexion. Pas en gesticulant, en parlant fort (vous les écoutez vous, les gens qui veulent juste parler le plus fort?) ou en détruisant à l’aveuglette des années de recherche scientifique ou encore en sabotant des systèmes économiques.

Du coup, j’aime pas trop être assimilée « écolo ». Oui je sais, c’est concon, mais ça véhicule tout un « pack » global dans l’imaginaire collectif. Ou plutôt deux « packs », je sais pas lequel est le pire.

Le pack bio-bio, je roule en 4×4 en ville, mais j’achète labellisé bio pour faire des soupes et du café max havelaar pour ma conscience. (Rappelez moi de faire un post sur la définition, les avantages et les limites des labels…). Aucun fondement scientifique, aucune réflexion dans la démarche, juste un peu de trouille et une attitude de « victime de la mode, tel est son nom de code ».

Ou le pack spiritualo-josébovétiste (ou néo-hippie), je suis révoltée contre la société de consommation et le grand capitalisme, on nous ment, on nous spolie, on nous empoisonne, je mange des graines, mon enfant de 10 ans qui ne va pas à l’école, dort entre moi et mon mari, mon micro-ondes/les OGM/la dioxine/un nouveau vaccin va me tuer d’un lent cancer dégénératif. Et du coup je vais distribuer des tracts dans la rue pour qu’on enfouisse pas les déchets nucléaires (à la création desquels j’ai participé) à côté de MON jardin. 

Par « écologie », on entend aussi parfois un peu de théorie de conspiration et une certaine recherche spirituelle teintée de retour à la nature, ce qui donne tous les grands titres en « autrement’ ou en « alter ». Ca me dérange pas, la recherche spirituelle, on en manque, de spiritualité, dans notre monde actuel, certes plutôt agressif. Mais la spiritualité et les croyances n’ont strictement rien à voir avec la réflexion scientifique et éthique qui devrait guider notre relation aux ressources de la planète sur laquelle nous ne sommes que locataires.

C’est paradoxal (ou paille et poutre…), je fais un billet pour m’inquiéter d’être rangée dans une case, et je le fais moi même (han avouez quand même que c’est drôle et que vous en connaissez, des qui ont pris le pack!!).

Mais force est de constater qu’à ce jour, j’ai rencontré très peu de gens dont la démarche écologique (ou éconologique, plaie d’argent est douleur sans pareille) n’était ni un effet de mode, ni une rebellion contre le grand capitalisme ou les politiques locaux, et qui l’avaient donc simplement basée sur des lectures, des réflexions et des faits scientifiquement étayés et établis.
Et y’a des jours, on se sent bien seuls, hein Jules?

So’

PS pour les un jour peut être futurs acheteurs de notre future maison, si jamais on doit la vendre : rassurez vous, on va quand même laisser les évacuations et arrivées pour faire des toilettes à eau. Au cas où. Vous serez pas OBLIGES de faire pipi dans la sciure. (mais vous loupez quelquechose, mmmmm)

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8 commentaires sur “Episode 16 # Esta la revolucionne autour des oua-ouas

  1. Mais non, So, avoir des toilettes sèches n’est pas synonyme d’écologie forcenée : ni Danny, ni Lepage n’en ont. Au stade du projet, je m’interroge sur l’usage quotidien de tels moyens et envisage de renoncer devant l’obligation de les vider, face au confort de la chasse classique. J’aime bien ta façon de présenter les choses et de faire le distingo entre parole et conviction Mais quid de l’usage?. Quant au bougeage de mentalité, il ne se fera que par l’exemple, mais y-a-t’il suffisamment d’exemples à suivre? Y-a-t’il suffisamment de convaincus? Je découvre juste ton blog, dis-moi, comptes tu vivre de l’eau de pluie et recycler tes eaux grises par lagunage? Non, tu n’es pas éthiquement étiquetable écolo, mais le peu que tu envisages est déjà bien mieux que pour beaucoup… tiens nous au jus (100%) 😉

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  2. L’eau de pluie, nous ferons de la récup’ « simple », cad une cuve de récup qui servira à l’arrosage, nettoyage de bagnole, etc.., pas les moyens d’installer ( ni probablement d’entretenir) n système plus poussé. et le système d’épuration est un épandage classique. J’avoue que de ce côté, je me sens un peu juste techniquement (et puis un organisme d’état vient quand même vérifier que nous faisons les choses « dans les normes »), du coup je fais pas trop la maligne.

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  3. meuh non vous n’êtes pas seuls ! Nous aussi on se dit qu’on doit être devenus barges 😀 M’enfin ce que penserons les autres, nous nous en fichons du moment qu’on nous savons pourquoi nous faisons nos choix… Bonne idée de prévoir tout ce qu’il faut pour faire machine arrière en cas de vente ou en cas de regrets. Concernant la sciure de bois, il semblerait qu’il soit possible de s’en procurer dans certaines scieries gratuitement (bon je dis pas, une ch’tite bouteille pour les remercier de temps en temps, c’est la moindre des choses). Faut en avoir une sympa pas loin de chez soi…

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  4. C’est bizarre comme ce post me fait penser à nous il y a 2 ans … Maintenat, c’est pas grave, on est les « écolos » du village, mais on l’assume même si on est pas des activistes anti-nucléaires … Toilette sèche : qu’est ce qu’on regrette ! En plus c’est économique car c’est super cher les toilettes à eau. Le seul truc à régler c’est de trouver un fournisseur de sciures mais si vous en avez un, c’est bon. Celui là : http://toiletabois.com/ il les vend pas trés cher et c’est fabriqué à Lorient. A Brest une asso s’y intéresse, ils ont peut-être des plans pour la sciure http://www.claj.infini.fr/boutique/toilettes.php Non, non, vous n’êtes pas seuls, alors si tu ne veux pas du terme « écolo » peut-être « créatif culturel » ???

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  5. ahahah ok, objectif d’ici le prochain billet, trouver un nouveau terme! Merki pour les liens! Toiletabois, je connais, il est en lien sur votre site, dc j’ai déjà surfouillé!! En même temps, je pense que là aussi, on va les faire nous même, après tout à côté de l’élec’ ou la plomberie, ça sera probablement une partie de plaisir!! Quoique en avoir pour faire « toilettes de chantier » (pcq les chantiers sans toilettes, quand on est une fille pfffffffffffffffffffff), ça serait pas mal… Pour la sciure on pensait demander à notre charpentier? Pcq sinon les scieries en Bretagne, y’a pas pléthore, nan??? (Trop fort, j’ai placé « pléthore »)

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  6. Hé ben ! Quel exposé ! « So' » était fâchée ce matin ?! C’est drôle comme d’hab ! Les toilettes sèches … ben non ! Pas envie nous ! On a parle à l’occazz entre amis ou famille, et on s’est rendu compte que les personnes les plus réfractaires au système avaient pour point commun d’avoir des souvenirs familiaux avec des toilettes sèches genre dans le fond du jardin dans la cabane en bois et le papier journal comme objet de « torche-cul » ! Alors, non ! Et puis, je n’arrive pas à sortir de cette notion « retour à l’ancienne », rétrograde ! A mon sens, notre problème est juste mental … De plus, et cela rejoint tes propos, le côté « toilettes sèches » est effectivement un peu connoté « écolo » genre fromage de chèvre et poils sous les bras, c’est nul mais bien réel ! Par ailleurs, je partage tes dires sur l’écologie comme une forme d’éducation en acte quotidien plutôt qu’en formule politique et militante … Quoique nécessaire pour cette dernière (Je ne m’enlève pas de l’idée que les faucheurs volontaires ont finis par sensibiliser l’opinion publique puis politique sur les dangers des OGM pour les générations futures !). Question ? Les toilettes sèches sont-ils une des réponses à tes propos « On fait des enfants, … on leur scie la branche sur laquelle on les assoit. » ? Je m’interroge !? Est-ce vraiment la première motivation ? Il n’y a pas un jour sans que j’explique à mes « crevettes » l’importance de l’eau et de l’impact de son (notre) utilisation dans tous les gestes de la vie quotidienne. Et je ne sens pas de manque parce qu’ayant des toilettes « classiques ». Ciao Sam PS : Très bien le lien « Eautarcie » !

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  7. Ah ahahah, contre les traumatismes de l’enfance, on peut pas lutter 🙂 . Et je vois ce que tu veux dire, ça serait comme se remettre à laver le linge à la main (pitié)? Ma première motivation? L’odeur de la sciure :D. Bon je plaisante, même si réellement le côté « confort » (incroyable) a joué dans la balance. Et ensuite.. bin si, si, je pense que tout ça sort quand même de la même réflexion globale, mon effarement devant les litres d’eau utilisés pour « éliminer » ou plutôt « faire diaparaître de notre vue » un liquide finalement stérile ne date pas d’hier. Comment te dire, pour moi, c’est du même acabit qu’une meilleure gestion de nos déchets. En plus, dans ce projet nous partons sur un assainissement individuel, (bah non hein pas de tout à l’égoût à Guipronvel) cad quand on regarde de près, on laisse décanter notre merde et après on distille l’eau croupie dans notre jardin. Bref ce n’est plus je file ma merde à la collectivité et je paie pour qu’elle se débrouille avec, avec les solutions les moins pires. ça devient : je suis aussi responsable de mes déjections, alors tant qu’à les benner dans mon jardin, j’en fais l’usage le plus intelligent et le plus écologique, ici dans la notion scientifique du terme. (cycle de vie, cycle de l’azote toussa) Mais bon les toilettes sèches c’est vraiment l’extrême et je comprends tout à fait (moi la prmeière y’a un mois) que tout le monde ne soit pas prêt à ce geste!! D’ailleurs on gardera quand même une version « à eau » pour que notre famille et nos amis continuent de venir nous voir sans être traumatisés :D.

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