Episode 73 – Une courge parmi les courges…

  Bon, je vais commencer cet article en replaçant tout de suite le décor. Rapport au jardin. J’ai grandi en appartement, en ville. Bitume, balcons, bus, mouettes, bitume. Avec une mère léguminophobe (So’, élevée aux boulghour et aux trucs macrobiotiques chelous, vive mai 68) et plantophobe. Il n’y a pas eu une seule plante verte dans mon enfance. J’ai hérité d’une main maternelle noire, si on peut dire. (Voyez le concept, vous avez la main verte? hum? bin c’est l’inverse). A ce jour rien ne me résiste, j’ai même les réputés increvables à mon palmarès : bonzaï, ficus, yucca, bambous, CACTUS. Oui oui vous avez bien lu, cactus, d’ailleurs je m’en vais de ce pas vous fournir la technique infaillible découverte conjointement avec Jules pour les faire crever :  il suffit SIMPLEMENT de les mettre dans une armoire fermée (je sais, fallait y penser..)… ça peut vivre sans flotte, mais essayez de les faire vivre sans lumière, ahaaa on fait moins le malin le cactus, quand on peut pas faire sa photosynthèse, on la ramène moins!..

DSC09682Autant dire que je me sens démunie, nouvellement campagnarde, face à mes 700 m2 de jardin en friche (et à remplir de trucs qui poussent, donc, ou, nettement plus compliqué, tu verras plus bas, à empêcher des trucs de pousser là où je veux pas qu’ils poussent). Mes seules notions de cycle naturel de la nature (vous voyez, déjà je l’écris n’importe comment, paf, gros pléonasme pour démarrer) me viennent de mes grands parents, qui ont hérité de ma présence tous les étés, et qui, eux, avaient un jardin, un potager et mangeaient une bonne partie de leur production. J’ai gardé avant tout de cette époque, à part une haine profonde pour le tour de France, qui retenait tout le monde à la maison jusque 17h alors qu’on aurait pu passer tout ce temps à la plage dans la flotte, j’ai donc gardé en mémoire que fin Juillet c’est avant tout la saison du…… HARICOT VERT. Eeeeh oui, mon légume détesté, haï, honni… en plus de devoir le manger à tous les repas pendant 15 jours, ce qui constituait déjà une torture en soi, il fallait également que je l’équeute, autant dire si le souvenir est vivace (et douloureux) dans ma mémoire.

Absence TOTALE et profonde de connaissances sur le sujet (alors je vous le dis de suite, le jardinage n’est NULLEMENT ancré dans nos gênes d’ex-chasseurs-cueilleurs, ou alors ça s’est bien dilué) + traumas psychologiques de haricot vert liés à l’enfance = gros gros handicap pour s’occuper d’un jardin.

Je pense être un peu seule au monde des lecteurs de ce blog à savoir aussi peu de choses à un âge aussi avancé, sur les plantes et le jardin, mais, vois tu, je m’en vais cependant partager mes observations empiriques sur le sujet avec toi, soit tu n’y connais rien, comme moi, et tu vas t’instruire, soit (plus probable), tu ne vas rien apprendre, et tu vas juste avoir l’occasion de bien te foutre de moi en mesurant l’étendue de mon ignorance.

Constat numéro 1 (déconcertant) :

La Nature, c’est anarchique. Tu peux hurler, décider, lire et suivre du manuel à la ligne, elle fera bien ce qu’elle veut. T’as rien qui pousse du tout jusque mai, désespérant, et là paf, pastèque, tu rentres chez toi un soir et tu t’aperçois que  t’as la moitié de ton jardin qui est envahi sous une jungle amazonienne (mais regardez moi ça, pourquoi les enfants ont pas dit qu’ils ne trouvaient plus leurs jeux????). 


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D’où sortent les horreurs qui envahissent ton terrain, pffrrrttt, personne ne le sait. Pourquoi ça pousse dans ton jardin et pas dans celui du voisin, re pfffrrrrttt, (attention expression que personne n’a employé depuis « alice et le diadème », bibliothèque verte année 1965) : mystère et boule de gomme. Après que plusieurs enfants du quartier aient disparu dans ton jardin, tu décides de prendre les choses en main : tu fais mine d’enlever une partie de la forêt amazonienne, tant pis pour la couche d’ozone, mais argl, une semaine plus tard, rebelotte… et j’en arrive au constat numéro 2 :

Constat numéro 2 (déprimant) :

La jardinage c’est faire tout le temps la même chose, soit, à 90% du temps, enlever des trucs de ton sol à qui t’as JAMAIS demandé de pousser là. (Soit à 90% ce que je considère comme la partie chiante du jardinage, la partie sympa/rigolotte consistant à planter des trucs et à guetter le moment où ils sortent de terre, au moins ça vaut le coup d’avoir de la terre plein les ongles et les genoux). Si ça fait pas très longtemps que ça a poussé (les trucs dont tu veux pas, qui, en général, par la loi de Murphy ont des racines de 3m, ou des rhizomes qui font le tour du paté de maison), tu peux t’en sortir avec tes mains, sinon, t’es condamné à utiliser un outil boudiou-bien-plus-lourd-que-la-spatule-à-enduit, dit « la bêche ». Ce qui m’amène au constat numéro 3 :

Constat numéro 3 (inquiétant) :

DSC09803Le jardinage c’est fatiguant. Haaan, mais comment font tous ces vieux pour pas s’esquinter le dos? Après 2h de bêchage j’en peux plus moi… et encore, j’ai fait que 1.5 m2 de mes 700 m2, pas gagné c’t’affaire. J’ai découvert plein de petits muscles inédits, vicieux, qui n’attendaient que cette occasion de se rappeler à moi… Ah, et accessoirement, jeune femme coquette, oublie ton apparence : le jardinage c’est la garantie d’un bronzage de merde (ou de coups de soleil monstrueux, ou les deux).

A moins de jardiner nu, ce qu’à ma connaissance je n’ai encore jamais vu expérimenter par personne.

Constat numéro 4 (encourageant) :


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 Le jardin c’est quand même cool pour occuper tes gnomes ex-citadins qui devront rattraper ton niveau et casser le cycle infernal de la transmission de la main noire. Et en plus! ça fait bosser l’orthographe en s’amusant (humhum).

Constat numéro 5 (finalement) :

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Le jardinage c’est gratifiant. Bon, bon, OK, pas toujours, souvent même c’est ingrat, mais quand ta petite planplante transplantée d’un jardin ami daigne s’accrocher à ton sol et s’y trouver bien, tu te sens aimé, apprivoisé, admis. T’as l’impression que c’est toi qui est accepté par la Nature et pas l’inverse. Et j’attends impatiemment le moment où je mangerai avec une petite larmichette d’émotion ma première production kerbiloutienne (ne ris pas mais nous avons entre autres semé… des haricots verts. N’essaie même pas. Ne cherche pas, ne dis rien. Chuut, j’ai dit chut, pas de commentaires), purée je me sentirai queen of the world. Enfin, si je me les fais pas tirer sous mon nez, comme mes premières framboises…

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Alors c’est ça hein, tu plantes, tu soignes, tu bichonnes, tu fais disparaitre sous des montagnes de mauvaises herbes pour les cacher, et vlan, tu nourris des merles ingrats qui en ont pas branlé une dans ton jardin, eux.

Alors attention les piafs, je vous préviens, on n’enlève pas le pain de la bouche de So’, la bouffe c’est sacré, alors si vous me cherchez, ça va être la GUERRE!!

Allez j’arrête là pour aujourd’hui, mais vous vous en doutez bien, mes mésaventures au jardin ne font que commencer…regardez notre beau potager en carrés… notez au passage l’outillage à la hauteur du niveau de jardinage, obligés de taper dans les jeux de plage des enfants, hum…

et nos belles…euh… capucines! (si, je PEUX retenir le nom de tout ce que je plante)

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5 commentaires sur “Episode 73 – Une courge parmi les courges…

  1. Mais pourquoi se casser la tête pareillement ? Tu vois, nous, sur nos 1700m² on a mis de l’enrobé à chaud (du goudron quoi). Résultat : pas de « qu’est-ce que je vais planter », pas de « faut encore tondre l’herbe », pas de « faut ramasser les légumes ça fait mal au dos », pas de « faut soigner tel arbre qui est malade » … la tranquillité quoi.   Bon l’été il fait un peu chaud et les roues du vélo du gamin ont fusionné avec le sol mais que veux-tu, il faut savoir faire des compromis dans la vie. A+

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  2. Ave So’ Bienvenue dans la confrérie de ceusses qui font cerver les plantouses ! Sinonb, tu te trompes : il y en a encore qui emploient « mystère et boule de gomme » ! Je le sais bien : j’en suis ! Si ma mémoire est bonne : « Les étranges aventures de Michel » 1959 toujours à la bibliothèque verte ! A+  

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  3. PTDR !! C’est marrant que tu sortes le bronzage de merde comme premiere conséquence néfaste du jardinage pour une fille (d’abord sans partir dans le nudisme tu peux jardiner en maillot de bain, au moins en haut, y’en a au moins une ki le fait en France : moi !). Ma mère, retraitée balconophile en appartement, qui vient désherber chez nous quand elle est en manque de chlorophylle (ou d’exercice physique), réfrène ses implusions pour une autre raison : jardinage = ongles foutus. Même avec des gants. Tu aurais pu nous en faire tout un roman ;o) Sinon en ce qui concerne les courges, citrouilles et autres potirons, justement, j’espère que tu en as planté, car c’est vraiment le truc le plus facile et le plus gratifiant en jardinage-qui-se-mange : d’une petite graine de rien du tout tu te retrouves avec un machin qui court sur 4 mètres, t’occupe 2 mètres carrés (même tes 700m2 de terrain te sembleront tout petits pour peu que tu en plantes 5 ou 6 pieds), te fait des feuilles avec lesquelles tu peux faire une casquette (au moins) à tes enfants, t’offre sa grande fleur jaune quotidienne, et à l’automne atteind des proportions incroyables (record : plus de  40cm de diamètre, 7 kilos…). Et même l’argument « j’aime pas la soupe » ne tient pas : il  ya des tas de recettes pour les accomoder, aussi bien salées que sucrées : la tarte à la citrouille, c’est vachement bon ! Vous voulez pas des pieds de potimarrons, des fois ? ;o)))

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