Décarboner sa mobilité.

Ou : « Mon vélo !!! » feat. Bourvil

Cet article a été publié conjointement sur le blog de Grüün, mon nouveau-né que je couve avec amour, qui devrait dans le meilleur des mondes être mon avenir professionnel à moyen terme, et sur le blog de KerBiloute, blog personnel  de mes pérégrinations vers la quête de la décarbon…ade ? (flamande ?) (oh purée, je suis en forme, aujourd’hui.)

Quelques éléments de contexte, pour commencer.

« # 1 – Oui, mais, ça c’était avant »

Je travaille là où y’a la croix rouge. (Je sais, la mer à 2 min à pied, VDM).

Ici c’est plus vraiment la ville mais c’est encore la communauté urbaine. Cela veut dire que si tu as de la patience, tu peux l’atteindre en transport en commun.

Jusque cet été, j’habitais là où y’a la croix bleue.

Je mettais 23 minutes pour atteindre mon lieu de travail. Précisément. Toujours. (Pas de feu, pas de circulation). En voiture, of course, aucun autre mode de transport n’étant disponible.

# 2 – Les mobilités dans la ville (« en fait, c’est nul »)

Désormais, j’habite au 1. La deuxième croix bleue c’est l’école du petit, la croix 2 c’est l’école des grands et la croix 3, j’ai oublié ce que c’est parce que j’ai fait ces cartes à la va-vite il y a plusieurs jours et j’ai un peu la flemme de les refaire.

Les enfants sont à 15 min max de l’école, et moi, moi  je peux me passer de voiture !! Exit donc le véhicule à moteur, avec bonheur et soulagement, je n’en pouvais plus d’y passer mon temps et de regarder partir en gasoil les CO2eq épargnés grâce aux toilettes sèches, chauffe eau solaire et autres actions.

Soit. Mais maintenant, je dois trouver un autre mode de transport.

J’ai commencé par les transports en commun. A Brest, nous avons les bus, et le tramway. Pour atteindre mon boulot-qui-n’est-pas-vraiment-dans-la-ville, je dois prendre un bus n°1, puis le tram, puis un bus n°2. Mon temps de transport s’est multiplié par deux, ou trois selon l’heure et la circulation. Mon enthousiasme est légèrement douché. Mais pas ma volonté, au moins, je contribue à un monde plus vert. Ou moins noir.

Voyons donc du côté de l’empreinte carbone.

L’unité de comptabilisation  commune est le CO2eq, soit l’unité de « mesure » de l’effet d’un gaz à effet de serre sur le réchauffement climatique. (il faut garder en tête qu’avec les imprécisions de mesure et risques d’erreur, on est plutôt dans l’évaluation d’ordres de grandeur)

Empreinte carbone avant rapprochement domicile/lieu de travail

En regardant simplement la consommation, mon van diesel utilisait, simplement pour le trajet AR Domicile/Travail :

40 km x 8,5 L de diesel / 100 km x 2.6 kg de Co2/L de diesel = 8.84 kg de CO2eq par trajet

Ces 2.6 kg de CO2eq  sont issus d’à peu près tous les sites sur lesquels je suis tombée en tapant «émission GES diesel » (GES = gaz à effet de serre). Si j’utilise les données constructeur (sachant que les modalités de calcul d’émission ont changé depuis sa construction), je trouve 7.56 kg par trajet, c’est plutôt cohérent, mais il me semble que cela est censé inclure l’énergie grise !! (c’est-à-dire l’énergie utilisée pour fabriquer le  véhicule)

J’ai également trouvé ce guide de l’ADEME, qui classe tous les véhicules neufs vendus en France, avec leur consommation, leur puissance et leurs émissions de CO2. http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-vehicules-particuliers-2017-8520.pdf

Avec les données issues de ce document, la version neuve de mon van afficherait 8.4 kg de CO2eq pour ce trajet. Mon calcul semble donc à peu près correct. Je garde ce chiffre pour mon comparatif.

Ça, c’était donc avant, quand j’habitais loin de mon boulot et polluait ma race pour y aller. Lançons nous donc dans les calculs actualisés.

Voici donc les options pour mon trajet actuel :

  • Bus – tram- bus
  • Vélo – tram – vélo avec 2 vélos (je vous expliquerais pourquoi plus bas… ❤ les politiques de mobilité dans ma ville) ou vélo pliant – tram – vélo pliant avec un seul vélo (si tu es malin, tu as compris la blague).
  • Vélo électrique
  • Scooter électrique
  • Voiture (nan, je rigole, mais je laisse pour le plaisir du calcul de l’empreinte carbone)
  • Pied – tram – pied est exclus, pour l’excellente raison que je monterais mon temps de trajet à 2 bonnes heures : AHAHAH.

Calcul de l’empreinte carbone bus

J’ai utilisé les chiffres donnés par le site de Bibus-Keolys, qui exploite le parc de bus de Brest.

Calcul de l’empreinte carbone voiture

J’ai 23 km AR si je prends la voiture. Je me suis là encore basée sur les calculs du site de la compagnie de transport de Brest pour évaluer les empreintes des différents trajets, en croisant avec mes propres calculs. Je pense qu’on est à peu près raccord, parce qu’avec mon calcul, j’atteins 3.9 kg CO2eq, et eux 3.6, sachant qu’ils ont une simple option « voiture » et non pas « gros van diesel ».

Calcul de l’empreinte carbone vélo

Normalement, elle n’est pas nulle, d’une part, il faut que je l’achète, et d’autre part, il faut que je mange pour compenser toute cette énergie dépensée, et plus particulièrement, il faut que je mange du chocolat… niveau empreinte carbone, le chocolat, c’est le mal. Mais bon, pour simplifier, je la mets à 0.

Pour ma formule vélo + tram + vélo, je dois acheter DEUX vélos « normaux » (d’occase, y’a une super asso de réparation et de promotion du vélo sur Brest). Oui parce que les vélos non pliants ne sont autorisés dans le tram qu’à des horaires où ça ne fait chier personne, genre entre 4 et 5h du mat, entre 10 et 11h, ou entre 15 et 16h. Bref, sauf si t’es infirmière, ça le fait pas, donc l’idée est de prendre deux vélos et de laisser aux arrêts de tram. Pour l’un c’est bien vu, il y a un hangar à vélo, pour l’autre… c’est le plein centre de Brest, je n’ai rien vu… va falloir étudier les stats de vols de vélo, pas sûre que ça soit rentable si je dois me le faire tirer toutes les semaines.

Calcul de l’empreinte carbone vélo électrique

Je suis partie du principe, en bonne feignasse, que j’activerai l’assistance un tiers du trajet. (oui, on dirait pas, mais à Brest, des fois, ça monte). En me fiant également aux retours client, cela fait une recharge complète tous les jours. Je prends l’exemple d’une batterie 8.8 Ah, soit 318.4Wh pour une recharge.

Pour le coût énergétique du kWh, j’ai trouvé ce site, qui donne en temps réel la valeur du mix énergétique en France. Je m’explique, selon le mode de production de l’électricité (la part des renouvelables, la part des usines à charbon, poke l’Allemagne, etc), celle-ci va être plus ou moins coûteuse en Co2eq.

En 2016, les émissions de CO2 dues à la production d’électricité en France se sont montées à 82 g/kWh en moyenne. Sachant que je me fournis chez Enercoop (mix énergétique 100% renouvelable), normalement cette empreinte serait plus faible ; néanmoins, pour des raison de simplification, je garde la valeur de 82g/kWh.

Mon AR en vélo électrique « pèse » donc 82 x 0.318426g de CO2eq, et si j’ajoute le coût énergétique de sa fabrication estimé à environ 5g CO2 eq/km pour une durée de vie de 8 ans, j’arrive à :

26 + (5 x 23) = 141 g de CO2 eq.

Calcul de l’empreinte carbone scooter électrique (50 cm3).

Les scooters dans mes gammes de prix nécessitent visiblement des batteries  48V – 40 Ah, donc un rechargement total à 1.92 kWh. Selon le même calcul que pour le vélo électrique : 82 x 1.92 = 157 g de Co2 eq pour une recharge complète. Les scooters annoncent environ 60 km d’autonomie, j’arrondis à une recharge tous les deux jours. Donc une empreinte par trajet de 157/2 = 78.5 g de CO2 eq.

Impossible de trouver des données fabricants pour l’empreinte carbone liée à la fabrication. Pourtant j’imagine que cet affichage est obligatoire, comme pour les voitures ?

Je vais donc appliquer de manière totalement aléatoire le coût énergétique du vélo x 2.

 

#3 – Et qu’est ce que je fais maintenant?

Ce qui me donne le tableau comparatif suivant :

 

Bien sûr, vu le nombre d’approximations dans mes calculs, ces chiffres ne doivent pas être pris au pied de la lettre. Néanmoins, les ordres de grandeur sont suffisamment parlants, pour que le comparatif remplisse son office d’aide au choix !

Ceci étant dit, je ne me suis toujours pas décidée, ayant des difficultés à modéliser le paramètre « motivation à prendre le vélo les jours de pluie + vent à Brest ».

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