#6 – Ceux qui n’aimaient pas toujours les reprises de Bob Marley

Samedi 21 Octobre – Tavira – Faro – Albufeira

Je me lève à temps pour attraper le lever de soleil. Les lumières du matin sont aussi belles que les lumières du soir, on en a pris plein les yeux pendant 15 jours.

Le temps d’un petit déjeuner face aux marais, et nous reprenons la route vers l’Ouest.

Première visite de la journée : Faro et sa ville fortifiée.

Il y a un endroit en particulier que je souhaite visiter, et je n’ai pas dit à Seb sa particularité.

Nous entrons par une église, certes  richement ornementée, mais la surprise est un peu plus loin, dans le fond d’un jardin intérieur.

La chapelle est entièrement tapissée des ossements des 1200 moines qui occupaient le cimetière. L’idée est de se rappeler le caractère éphémère de la vie. Ô capitaine, mon capitaine, dans pas si longtemps nous mangerons les pissenlits par la racine. D’ailleurs, au cas où nous ne comprendrions pas la métaphore, une inscription à l’entrée se charge d’appuyer le message : Nós ossos que aqui estamos pelos vossos esperamos (« Nous, les os ici présents, attendons que les vôtres nous rejoignent »). Tout est dit.

Petite balade dans la ville, sous les agrumiers.

Découverte de la pâtisserie star locale : le pastel de Nata. J’avais vu la composition avant de partir, et je ne le sentais pas particulièrement, ça ressemblait quand même beaucoup à un flan pâtissier dans un fond de tarte. Pas ma came. Femme de peu de foi que j’étais.

En réalité, la pâte feuilletée est extrêment fine et croustillante, et le contenu, à la texture d’un lemon curd, est entre la crème brûlée (réussie, cad où on sent plus la crème que les oeufs) et la crème pâtissière. Fondant. A manger tiède, saupoudré de sucre et de cannelle. Magnifique. Nous en avons mangé un par jour passé au Portugal. Au moins. On en a même fait des comparatifs!

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A midi, direction la plage de Faro : Praïa do Faro. Je tente une demie baignade, mais elle est quand même un peu fraîche, là pour le coup, on est pas dépaysés de la Bretagne.

Nous reprenons la route de l’Ouest, direction Albufeira et les plages fantasmées de l’Algarve. Expectation versus reality, nous sommes assez vite effarés du nombre de touristes encore présents à cette période de l’année, et nous sommes assez vite tout autant effarés du bétonnage dédié aux susnommés touristes. Nous commençons à être mal à l’aise d’en être.

En fait, l’Algarve, c’est un peu La Baule Les Pins. 200 km de côte, 200 km d’une route qui longe (presque) la mer, bordée sur ces 200 km d’infrastructures, supermarchés, locations, agences immobilières. On s’arrête dans un restau, ça parle français. Anglais. Pas portugais, en tous cas.

Arrêt vidange du camion. La vue de l’enfilade de campings cars me glace un peu. J’ai l’impression de participer à une espèce de hold-up géant, une appropriation massive de territoire, avec en corollaire la dépossession des habitants de ces lieux. Il n’y a plus rien d’authentique en Algarve, tout est fait pour contenter le touriste. J’ai l’impression de voir le déballage de marinières et de chants de marins en Bretagne pour la saison des Parisiens.

Le soir, impossible de trouver un endroit vraiment tranquille et isolé pour se poser en bord de mer. Au bout d’un moment, j’ai tellement l’impression d’être dans le passage et de monopoliser la vue que je demande à Jules de déplacer le camion pour la nuit.

Nous décidons, le lendemain, d’essayer de nous éloigner un peu de la côte. Malgré des plages splendides, il y a trop de gens, trop de touristes et trop de béton pour nous.

 

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