#9 – Ceux qui auraient bien aimé écouter du Fado

23 Octobre 2017 – Evora – Evoramonte

TrajetAu petit matin, c’est tentative de session pour Jules. Nous rejoignons la plage de la veille. La crête de la plage est pleine de petits points noirs : les surfeurs qui scrutent.

Sans déc. C’est moi où le surf c’est 95% d’attente? D’abord, tu cherches le spot, voire tu erres de spot en spot, tu passes des heures à scruter la mer pour décider si la vague est bonne, tu passes un bon peu à te préparer, sur l’eau, bah… tu attends encore la vague. 10 min de surf, 3h de préparation.

Nous avons prévu de rouler un peu aujourd’hui, et de nous diriger vers le haut alentejo, plus au nord et plus au centre du Portugal, région parait-il viticole, ce qui augmente immédiatement son capital attractivité. Ayant de plus remarqué que la densité de touristes semblait aller décroissant avec l’éloignement de la côte, il ne nous en faut pas plus. Notre destination sera donc Evora, « charmante et pittoresque » dixit travel planet, avec un charmant restaurant où l’on peut écouter du fado dixit Google pages.

Le fado pour l’instant, c’est uniquement via les ondes. Radio Amalia, la radio du fado 92.0 FM. C’est bien, mais c’est un amuse-gueule. Lors de la préparation du voyage, il y avait clairement indiqué « musique live » sur la check list.

Nous arrivons à Evora. Encore une fois, je m’attendais à un mignonnet petit village, et c’est une vraie ville, avec périph, banlieue, lignes de bus et embouteillages. Je me promets de désormais vérifier le nombre d’habitants de chaque ville que nous visons ! L’appli magique pour les camping cars nous dit de plutôt squatter le parking en périphérie, et de ne pas circuler dans la ville. Nous nous garons donc sur ledit parking. La ville est belle, certes. La ville est pittoresque, certes. La ville a une belle villa, un musée ou un monument à voir tous les 100m. Mais la ville est surtout remplie de gens !! Nous retrouvons nos amis les cars de retraités, les cars de chinois, auxquels s’ajoutent les locaux. Je vois Jules qui hyperventile. Un couple de mauvais acteurs qui nous demande de l’argent- parce qu’elle doit aller- à l’hopital- est enceinte – a tout perdu (mais avec encore des bracelets de festivals aux poignets) nous achève. Un micro détour, le temps de constater que le restaurant de fado est fermé pour des causes qui nous semblent peu orthodoxes, et nous fuyons derechef.

Nous aurons tenu 15 bonnes minutes à Evora, une heure si on compte le temps dans les bouchons.

C’est le soir, il est temps de trouver un repli pour la nuit. Un camping, forcément, la batterie de l’appareil photo-qui-fait-des-vidéos est déjà vide. Nous en repérons un un peu plus au nord est, vers les montagnes, à Evoramonte, qui a le bon ton de compter moins de 3000 habitants. Je prends !

Le camping est petit, supportable en terme de monde, très propre, pas mal au bord de la route, mais pour une nuit, on ne fera pas les difficiles. Le gérant nous propose 3 adresses pour manger, nous lui demandons la plus « locale ».

Le coucher de soleil et l’arrivée dans la ville sont magnifiques. La lumière est encore une fois magique.

Le restaurant ressemble de loin à un de nos bars des sports. Ça ne parle que portugais (enfin!). Nous sommes accueillis par une petite mamie édentée, à cheveux blancs, blouse bleue et bras dodus, qui ne parle pas un mot d’anglais ni de français, et sert des plâtrées de frites aux habitués, installés en terrasse ou dans la petite salle. Malgré nos demandes, notre statut de touristes en camping car qui vaut un bras d’enfant ne nous permet pas de partager la petite salle avec les autochtones, et Mamie nous ouvre les portes de son restaurant, où nous passerons la soirée seuls. Seuls !

A peine passé la porte, et nous sentons que nous avons enfin dépassé le folklore, et que nous allons peut être toucher du doigt cette authenticité fantasmée (oui, oui, oxymore) qui nous échappe.

On tente de se dépêtrer comme on peut avec la carte, qui n’est qu’en portugais, à grand renfort de mimes (Jules a pris du poisson et moi du porc, je vous laisse imaginer).

On se marre bien, Mamie nous sert comme si on était 12, on mange trop, on prend évidemment pas de dessert, on part avec la bouteille de vin pas finie, et un regard amusé sur l’installation de VMC, je vous laisse juges. (Uh, pas besoin du poids des mots, le choc des photos suffit) (oui, oui, c’est un tuyau de ventilation de chiottes.)

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On se rentre dans notre camping sous les chênes lièges (« tu crois que tu passes sous la branche, là ? » « mais oui » « la caution, quand même… » « ok, sors pour vérifier »), et on s’endort, ravis d’avoir enfin pu baragouiner quelques mots de portugais.

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Sur cette route, il n’y avait pas le panneau « interdit aux charrettes ».
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