#5 – Celle qui avait loupé son coup

Toujours Vendredi 20 Octobre – Placensia – Séville – Tavira

La route du matin est stupéfiante. Nous traversons le centre de l’Espagne, désertique. Rien, rien, un caillou, une usine, rien, re-rien, une usine mais désaffectée, de nouveau rien sur 100 km, plein d’usines (mais où vivent les gens qui travaillent dans ces endroits, enfin???).

Il y a une forme de beauté, on y tournerait bien des westerns, d’ailleurs on a du y tourner des westerns, même, à mon avis, mais on aurait quand même pas hyper envie d’y habiter, faut pas déconner. Surtout en été, quand on imagine sans problème qu’il doit y faire 40° à l’ombre. Ah pardon, sans arbre ni rocher, pas d’ombre. Bon, bin, sans doute un peu plus que 40° alors. Le Mordor, quoi. (La Castille, en vrai).

Et puis soudainement, on passe une chaîne de montagnes (oui, alors, on en parle, c’est quoi ces pays avec que des collines, des monts et des montagnes, TOUT LE TEMPS? J’ai peur, moi, sur les routes de montagne!) et pouf, c’est vert. Je dirais même et pouf pif paf, sploutch, frutch, non seulement la flore revit mais la faune aussi, à commencer par le bas de la chaîne alimentaire, qui vient se jeter de désespoir contre notre camion flambant neuf (avec un peu de boue).

Est-ce que c’est possible un accident parce qu’on heurte trop d’insectes et qu’ON A PLUS DE LIQUIDE A VITRES et que le pare-brise est recouvert d’une fine couche gluante de contenus d’abdomens d’insectes et que du coup on ne voit plus rien? Eh bin ne riez pas trop vite, ça a failli nous arriver.

Ce changement brutal de paysage, c’est le passage de la Castille, le centre de l’Espagne, vers l’Andalousie. En direct, avec des effets spéciaux et des transitions à couper le souffle, Spielberg, la relève est assurée! (je parle pas fort dans les vidéos, alors je sous-titre!)


Séville, l’Andalousie, pour moi, ça fait partie des destinations qui activent automatiquement la boîte à fantasmes. Déjà, à Séville, on danse des sévillanas. Les rythmes à 12 temps, le flamenco, les jupes à froufous et les palmas, et puis l’influence arabe, et puis les châteaux mauresques, tout ça. Je savais qu’on allait seulement y passer, notre destination finale étant quand même le Portugal, alors à défaut d’y être arrivés à temps pour dormir la veille, on pouvait au moins essayer de trouver un endroit sympa à proximité pour manger.

Je regarde donc les villages alentour, tape leur nom vite fait sur google images pour voir à quoi ils ressemblent. (non, pas de « s » à alentour adverbe, je vous le dis parce que j’ai du vérifier!)

Parmi ceux-là, je tape « Alcala Del Rio », et là, la première image de la liste me vend du rêve :

alcala

Le château mauresque, le village à flanc de montagne, que demander de plus? C’est magnifique! Je ne vais pas plus loin et rentre l’adresse sur le GPS. Roule ma poule, go to « Alcala Del Rio ».

3h plus tard, nous sortons de l’autoroute, traversons des plantations d’agrumiers (ooooh), découvrons une nature luxuriante pleine de fleurs inédites (aaaaah), et atterrissons.. dans une ville qui ne semble pas du tout à flanc de montagne.

300px-Alcala_de_rio_001

Bon, alors, je ne sais pas quel est cet Alcala Del Rio de la photo numéro un de google images, mais ça n’est sûrement pas l’endroit où on s’est arrêté. Qui n’était pas horrible, certes, mais enfin pas tellement foufou non plus. L’unique point d’intérêt du village étant un…. barrage.

Bon, il est 13h, on a faim, allez, va pour le barrage, et tant pis pour le village pittoresque à flanc de montagne.

On mange, on nettoie le pare-brise, plus que deux cent kilomètres avant la frontière portugaise. On avait à un moment envisagé un détour par Gibraltar, parce que… parce que ça pète un peu d’aller jeter un oeil à l’Afrique du Nord (et parce que Seb a la nostalgie de Tarifa, poke tonton Nath), mais on décide finalement qu’on aimerait bien _enfin!_ atteindre notre destination.

Petite vidéo de notre pause de midi, preuve accablante de Seb qui ravage le pare-brise à l’aide du côté qui gratte d’une éponge scotch brite. Heureusement que l’état des lieux retour s’est fait un peu rapidement, parce qu’il a fait des rayures qui étaient encore là 15 jours plus tard…hum. (note pour notre futur camion : ne-pas-nettoyer-le-pare-brise-avec-le-côté-vert-de-l’éponge)

Point météo : c’est bon, été atteint. Ça sera donc le dernier point météo avant la frontière espagnole au retour, puisque nous n’avons revu ni la pluie, ni des températures inférieures à 23° jusqu’à ce moment là.


Frontière! Un fleuve sépare l’Espagne du Portugal. Je trouve ça assez classe, un fleuve en frontière. Ça se pose là en terme de symbole. Plus que le panneau dans la montagne sous la pluie de la frontière espagnole. Ça marque le coup, quoi. D’une rive à l’autre, c’est un ailleurs.

Première ville après la frontière : Castro Marim. Un château mauresque en haut d’une colline qui surplombe le village, un stade de foot, et quelques cafés. Nous ne tarderons pas à constater qu’au Portugal, c’est la base de chaque ville/village. Un peu l’équivalent de notre combo église/boulangerie/bar des sports.

Oh, et on a vu des cactus, et des fourmis géantes, aussi(beurk).

La suite…

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